« C’est l’horloge et non la machine à vapeur qui est la machine vitale de l’ère industrielle moderne » Lewis Mumford
Nous allons voir que l'activité humaine est réglée par des phénomènes périodiques dont les deux principales origines sont les vibrations des particules élémentaires et les mouvements de l’univers. Nous verrons aussi l'importance des rythmes et de la nécessité de respecter les phases.
1- Les fréquences de base des particules élémentaires règlent l’activité des hommes.
Dans le chapitre sur la physique, nous avons montré par de nombreuses preuves que la matière est faite d’ondes. À l’origine, il n’y a rien d’autre qu’un milieu idéal parcouru par des ondes qui peuvent être soit avancées, elles convergent vers un centre, soit retardées, elles s’écartent du centre. Si nous avons quotidiennement l’expérience de ces dernières, personne n'a jamais observé les premières, bien qu’elles soient mathématiquement licites.
En s’assemblant par superposition, ces ondes forment des systèmes stables et stationnaires. Dans certaines conditions, en particulier lors des déplacements, il se produit entre elles un déphasage qui peut leur donner certaines propriétés. Cela nous a permis d’identifier ces systèmes aux particules élémentaires du Modèle Standard, notamment l’électron, et de retrouver les grandes lois de la physique. Chaque particule a une masse propre identifiable à la fréquence de vibration de son système d’ondes, selon la formule fondamentale :
mc2 = hν0
Nous appellerons la fréquence de vibration de l’électron ν0
la fréquence de base.
Nous avons vu aussi que les particules peuvent s’attirer ou se repousser grâce aux interférences qu’elles établissent mutuellement entre leurs systèmes d’ondes, et qu’ainsi elles peuvent s’assembler et se maintenir unies.
Les atomes sont le résultat d’un assemblage à un premier niveau.
Un deuxième niveau d’assemblage fait apparaître les molécules, de petites dimensions d’abord, puis de plus en plus grosses. Leur cohésion est maintenue par le déplacement des électrons de liaison sur leurs orbites, ce qui se fait, comme tout déplacement de particules, au rythme de la fréquence de base. Rythme qui est renforcé et maintenu par le retour en phase de l'électron à chaque tour d'orbite (ou plus précisément de son onde de phase).
Dans les milieux biologiques, les molécules sont construites ou dégradées par des réactions enzymatiques qui sont des phénomènes complexes faisant intervenir beaucoup d’autres molécules et dépendant de déplacements de charges, c'est-à-dire du mouvement des électrons.
Les mécanismes du vivant se caractérisent par des régulations s'appuyant principalement sur les synthèses protéiques. Le premier exemple en est celui de la régulation de la synthèse de l’enzyme de dégradation du glucose (la ß-galactosidase) dont la production est décidée ou suspendue par la présence ou l’absence de ce sucre. Cela fait appel à des associations et des déplacements plus ou moins libres de molécules, dans différents milieux, à travers différentes membranes. Ces associations et déplacements obéissent à des lois chimiques et physiques.
Dans les organismes animaux, la régulation de la consommation de glucose ne se fait plus directement par la présence ou non de cette molécule au contact de la cellule, mais par une régulation centralisée pour tout l'organisme qui maintient constante la glycémie, le taux de sucre dans le sang. Le pancréas est au cur du système principal avec deux types de cellules spécialisées de ses îlots de Langerhans qui sécrètent deux types d'hormones :
- une hormone hypoglycémiante produite par les cellules β stimulées par la présence de glucose, l'insuline, qui stimule la pénétration du glucose dans les cellules (du foie, des muscles et adipeuses) et qui favorise sa dégradation et son stockage sous forme de glycogène.
- Et une hormone hyperglycémiante produite par les cellules α inhibées par la présence de glucose, le glucagon, qui induit le déstockage du glucose à partir du glycogène du foie.
Ces régulations se superposent, s'imbriquent mais ne se remplacent pas. L'exemple de l'insuline nous montre que les mécanismes de pénétration du glucose dans la cellule ou de sa dégradation restent inchangés, c'est l'origine de la régulation qui est modifiée, remontée et centralisée pour tout l'organisme.
À cela se surajoute une autre régulation d'origine centrale, à partir de l'hypothalamus; elle contrôle non plus le taux de glucose, mais la prise de nourriture, avec deux hormones principales, la leptine sécrétes par les adipocytes et qui est anorexygène, et la ghréline sécrétée par le tractus digestif et qui est orexygène. De nombreux autres neuromédiateurs sont impliqués provenant aussi du tractus digestif ou d'autres parties du cerveau.
Enfin, le besoin de prise de nourriture, ou la faim lorsque cette nouriture est absente, poussent aussi les animaux ou les hommes à agir, à rechercher de la nourriture et à la consommer. La faim est un élément notable de la régulation de l’activité des animaux et des hommes primitifs.
Jusqu’à ce dernier point, tous ces rythmes surajoutés successivement, d’origines atomique, moléculaire, biochimique, biologique et comportementales, découlent, comme nous le voyons, des vibrations de base des particules élémentaires, et plus particulièrement de celle de l’électron. Progressivement au cours de l’évolution d’autres régulations, liées à l’organisation sociale ou aux mouvements planétaires, apparaissent qui s’imposent et synchronisent ces cycles hormonaux. D’où des rythmes nouveaux, d’origine non biologique et de plus grandes périodes, qui se surajoutent aux premiers et les régularisent par le haut.
2- Les rythmes sociaux
Certainement depuis le développement de l'agriculture et la sédentarisation, mais peut-être bien avant, la régularité de l'approvisionnement en nourriture liée à la nécessité de l'organisation sociale a imposé aux hommes d'adopter des horaires de repas réguliers. Les mécanismes biochimiques de régulation de la glycémie s'y sont adaptés avec cette conséquence du retour de la faim, disons de l'appétit, aux heures des repas. On pourrait citer de nombreux autres rythmes sociaux qui se sont surimposés aux cycles biologiques, mais la plupart s'inscrivent dans le rythme circadien.
3- Le rythme circadien
Le rythme circadien est une bonne illustration de la façon dont les mécanismes biologiques ont su prendre en compte une régularité extérieure d'origine planétaire, le retour régulier des jours et des nuits, et synchroniser sur lui l'ensemble des fonctions des organismes.
Il règle effectivement l’activité de tous les organismes vivants, jusque chez les bactéries et les plantes, sur une période de 24 heures. Chez les animaux, les mécanismes biochimiques primordiaux sont tous d'un même modèle qui est inscrit dans les gènes, au plus profond des organismes; on parle d’un "oscillateur génétique". Chez les mammifères, cette horloge principale est logée dans les NSC (noyaux suprachiasmatiques) de l’hypothalamus : un gène per produit une protéine per qui s’accumule et qui, associée à d’autres dans un mécanisme complexe, réprime au bout d'un certain temps par une autorégulation négative l’expression de son propre gène. La concentration en protéines per diminue donc permettant à la production de reprendre plus tard. Et ainsi de suite, suivant un cycle dont la durée à l’état libre est de 25 heures. C’est une véritable horloge biologique endogène qui peut fonctionner de façon autonome mais qui, pour une personne en activité normale, se réinitialise tous les matins, à la 24ème heure, sous l’effet de la lumière. Voyons comment :
La voie principale de cette régulation débute par l’action de la lumière sur la rétine. L'information est transmise au NSC via le tractus rétino-hypothalamique dont les neurones réagissent en activant un certain nombre de gènes, dont celui de l’horloge (per1) qui est remise à l’heure. Des signaux sont envoyés à l’épiphyse pour inhiber la synthèse de la mélatonine. C’est le début du processus circadien de régulation des hormones. Tout au long de la journée des pics hormonaux se succèdent en synchronisation avec les besoins des activités des hommes dans leurs cadres traditionnels.
La première à se manifester, celle qui prépare l’organisme au réveil est l’ACTH dont la concentration sanguine présente un pic vers 6 heures du matin. Elle stimule la sécrétion d’autres hormones dont la cortisone.
Toutes ces régulations se font par des mécanismes biochimiques rythmés par les vibrations élémentaires des particules. Il est donc important de remarquer ici la rencontre entre un ensemble de rythmes biologiques issus des vibrations des particules -dont la fréquence de base de l’électron-, et un autre rythme, celui de la rotation de la Terre sur elle-même, qui trouve son origine dans des phénomènes cosmiques. Nous allons voir plus loin une autre rencontre du même genre et en tirer les conclusions.
4- Le rythme circannuel.
Nous venons de voir que l’activité humaine, comme celle des animaux, est rythmée par des influences d’origine interne, -hormonales d’une grande variété- ou externe -cosmiques, sociales- qui se synchronisent constamment. Nous venons de voir l’exemple de l’alternance d’activité et de repos au cours de la journée. Mais très tôt, les hommes et certainement leurs ancêtres animaux avant eux, ont été obligés de se plier à un autre rythme, plus long, celui annuel du mouvement de la terre autour du soleil.
Au début ils ont subi l’alternance du froid de l’hiver et des chaleurs de l’été, dans d’autres régions, de la sécheresse et de la pluie ; leur activité s’y est adaptée, par exemple, par des cueillettes ou des chasses différentes ou en suivant les migrations de leurs proies comme celles des rennes.
Puis l’agriculture naissante a imposé à l’activité de se synchroniser plus activement avec ce retour des saisons, non seulement l’activité agricole, mais toute une activité sociale induite.
Depuis le cinquième millénaire avant JC, les civilisations sumériennes et égyptiennes ont étudié le cycle solaire pour y découvrir des régularités et essayer de faire apparaître des rencontres entre ce cycle, celui de la Lune et celui de la Terre. Ce n'est qu'à l'époque romaine, avec Jules César que fut établi le calendrier moderne; il dérivait encore par rapport au soleil de 10 jours en 15 siècles. Il fut corrigé en 1582 par le calendrier grégorien qui, moyennant quelques ajustements périodiques, s'adapte bien à la périodicité solaire. Si le souci avoué de son créateur, le Pape Grégoire XIII, était de pouvoir fixer la date de Pâques, les agriculteurs bénéficièrent de repères saisonniers précis et fixes pour les travaux des champs, sous forme de dictons populaires facilement mémorisables associés aux noms et aux dates des saints. Ce travail très important de synchronisation précise entre l’activité humaine et la périodicité solaire a duré six mille ans; ce fut déterminant pour le développement de l’agriculture et aussi des activités commerciales et financières qui ont les mêmes besoins de repères fixes. J’en veux pour preuve que c’est au moment où ce calendrier a atteint sa précision définitive que notre civilisation moderne a décollé. Et pour preuve a contrario, que les civilisations musulmanes, qui sont restées au calendrier lunaire avec un déphasage annuel de onze jours par rapport au rythme solaire, n’y sont pas parvenu.
L’économie industrielle, qui s’est surajoutée à l’agriculture, a conservé ce rythme solaire pour permettre les transferts de main d’œuvre aux moments nécessaires et pour profiter des investissements possibles après les (bonnes) récoltes. Lorsque ces rythmes d’activités agricoles et économiques sont en phase ils s’entraînent mutuellement ; en antiphase, ils se détruisent :
-lors de la vente des récoltes, les richesses se concrétisent et deviennent disponibles pour les investissements et les achats ; si l’industrie ne propose pas ses produits à ce moment là, les ventes ne se font pas.
-Les mauvaises récoltes ont bouleversé les activités économiques jusqu’au dix-neuvième siècle.
De cette synchronisation, nous avons gardé un rythme d’activités saisonnières, avec alternance de travail, et de vacances l’été au moment des travaux des champs.
5- L’onde de phase mondiale.
Ainsi, l’activité humaine se cale sur ces deux rythmes solaires, circadien et annuel. La mise en phase n'est pas terminée, elle se fait progressivement sous nos yeux, de proche en proche. Voici comment se réalise la dernière étape :
La rotation de la Terre sur elle-même génère en continu, sur la durée du nycthémère, de l’activité sur toutes ses parties à mesure qu’elles se présentent face au soleil. En civilisations agricoles, les échanges commerciaux sont faibles à grandes distances et chaque zone est successivement en activité pour son propre compte. Avec le phénomène de mondialisation que nous connaissons actuellement, c’est son point important, ces zones commercent entre elles et se stimulent les unes les autres. D’abord d’une façon désordonnée ; mais lorsqu’elles deviennent jointives, l’activité se continue d’une zone à une autre en suivant le soleil. Les moyens modernes de communication permettent de préparer une zone à l’activité alors qu’elle est encore dans une période de sommeil. On peut citer comme exemple les activités boursière, bancaires ou commerciales : en continu on traite sur toutes les bourses ouvertes autour du globe, on fait des transferts de fonds, des commandes, qui stimuleront d’autres zones lorsqu’elles entreront en activité. Si en chaque place nous pouvons observer une onde stationnaire activité/repos, une vue d'ensemble nous montre qu'elles se suivent et se rattachent entre elles en une onde de phase qui fait le tour de la Terre en 24 heures et qui s’établit de façon stationnaire, créant un système stable, durable, résistant mieux aux perturbations que pourrait le faire chaque zone individuellement. Cette dynamique surajoutée à l’économie mondiale s’est mise en place progressivement sous nos yeux -et sous ceux de nos ancêtres. Elle a commencé à Sumer, est partie vers l’Ouest, l'Europe, les Etats-Unis, le Japon, puis maintenant l’Asie, la Chine et l’Inde ; allant de plus en plus vite, elle termine sa boucle au Moyen Orient d’où elle est partie il y a 7000 ans. Elle recommencera son deuxième tour par les pays d’Europe de l’Est, vivifiant les économies sur son passage. Une fois le tissu économique étendu en continu tout autour de l’hémisphère Nord, l’onde de phase s’établira sur 24 heures et se renforcera. Elle pourra s’élargir et s’étendre vers le Sud.
Il faut de nouveau noter que cela se fait par la rencontre et par la synchronisation de rythmes venus de deux origines différentes : les vibrations de base de l'électron qui entretiennent les mécanismes biologiques d’une part, et les mouvements cosmiques, dont dépendent la rotation de la Terre, sur elle-même et autour du soleil d'autre part. Ainsi le vivant synchronise des rythmes venus des deux extrémités de la hiérarchie des constituants universels : la particule élémentaire à un bout, l’Univers à l’autre.
La contribution apportée au progrès chaque fois que s'est fait l’accord entre ces rythmes est telle qu’il est impossible de penser que l’Évolution puisse y avoir été, et y être encore, indifférente.
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